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25.11.2007

Princesse, Princesse, ne dis pas de ces choses!

c0df588f1c145162b9496b9803dcb115.jpgSalomé.-
Iokanaan ! Je suis amoureuse de ton corps. Ton corps est blanc comme le lys d'un pré que le faucheur n'a jamais fauché. Ton coprs est blanc comme les neiges qui couchent sur les montagnes, comme les neiges qui couchent sur les montagnes de Judée et descendent dans les vallées. Les roses du jardin de la reine d'arabie ne sont pas aussi blanches que ton corps. Ni les roses du jardin de la reine d'Arabie, du jardin parfumé de la reine d'Arabie, ni les pieds de l'aurore qui trépignent sur les feuilles, ni le sein de la lune quand elle couche sur le sein de la mer... Il n'y a rien au monde d'aussi blanc que ton corps - Laisse-moi toucher ton corps !

Iokanaan.-
Arrière, fille de Babylone ! C'est par la femme que le mal est entré dans le monde. Ne me parlez pas. Je ne veux pas t'écouter. Je n'écoute que les paroles du Seigneur Dieu.

Salomé.-
Ton corps est hideux. Il est comme le corps d'un lépreux. Il est comme un mur de plâtre où les vipères sont passées, comme un mur de plâtre où les scorpions ont fait leur nid. Il est comme un sépulcre blanchi, et qui est plein de choses dégoûtantes. Il est horrible ton corps ! C'est de tes cheveux que je suis amoureuse, Iokanaan. Tes cheveux ressemblent à des grappes de raisins, à des grappes de raisins noirs qui pendent des vignes d'Edom dans les pays des Edomites. Tes cheveux sont comme les cèdres du Liban, comme les grands cèdres du Liban qui donnent de l'ombre aux lions et aux voleurs qui veulent se cacher pendant la journée. Les longues nuits noires, les nuit où la lune ne se montre pas, où les étoiles ont peur, ne sont pas aussi noires. Le silence qui demeure dans les forêts n'est pas aussi noir. Il n'y a rien au monde d'aussi noir que tes cheveux... Laisse-moi toucher tes cheveux.

Iokanaan.-
Arrière, fille de Sodome ! Ne me touchez pas. Il ne faut pas profaner le temple du Seigneur Dieu.

Salomé.- Tes cheveux sont horribles. Ils sont couvert de boue et de poussière. On dirait une couronne d'épines qu'on a placée sur ton front. On dirait un noeud de serpents noirs qui se tortillent autour de ton cou. Je n'aime pas ton cou. Je n'aime pas tes cheveux... C'est de ta bouche que je suis amoureuse, Iokanaan. Ta bouche est comme une bande d'écarlate sur une tour d'ivoire. Elle est comme une pomme de grenade coupée par un couteau d'ivoire. Les fleurs de grenade qui fleurissent dans les jardins de Tyr et sont plus rouges que les roses, ne sont pas aussi rouges. Les cris rouges des trompettes qui annoncent l'arrivée des rois, et font peur à l'ennemi, ne sont pas aussi rouges. Ta bouche est plus rouge que les pieds de ceux qui foulent le vin dans les pressoirs. Elle est plus rouge que les pieds des colombes qui demeurent dans les temples et sont nourries par les prêtres. Elle est plus rouge que les pieds de celui qui revient d'une forêt où il a tué un lion et vu des tigres dorés. Ta bouche est rouge comme une branche de corail que des pêcheurs ont trouvée dans le crépuscule de le mer et qu'ils réservent pour les rois...! Elle est comme le vermillon que les Moabites trouvent dans les mines de Moab et que les rois leur prennent. Elle est comme l'arc du roi des Perses qui est peint avec du vermillon et qui a des cornes de corail. Il n'y a rien au monde d'aussi rouge que ta bouche...laisse-moi baiser ta bouche.

Iokanaan.-
Jamais ! Fille de Babylone ! Fille de Sodome jamais.

Salomé.-
Je baisera ta bouche, Iokanaan. Je baisera ta bouche.


0scar Wilde, Salomé

19.11.2007

Ah, l’hisse !

Avec la grève et tous ces vélos, Paris se donne des faux airs d'Amsterdam. Et moi-même, qui il n'y a pas si longtemps insultait encore en pensée les social-traîtres qui roulent sur leur propre bicyclette et nient toute l'oeuvre de Bertrand Delanoé, moi, disais-je, moi, qui ai ma carte du parti plasitfiée, toujours contre mon coeur, moi, disais-je donc, il m'arrive de me sentir briseur de grève sur bicyclette, tandis que je m'épargne de ressentir les inconvénients d'un mouvement social.
Vous remarquerez que je dis "briseur de grève à bicyclette" et non pas "jaune à bicyclette", parce que, des stéréotypes racistes, j'en ai déjà fait un à la première ligne : les amsterdames et amsterhommes ne sont pas tous des cyclistes, mais disons qu'ils conduisent tous mal un vélo)

Diable, quoi dire d'autre. Je vais vous raconter ça, tiens. Aujourd'hui, je suis parti tôt de la bibliothèque parce qu'à cause de la grève il n'y avait ni communication de documents ni toilettes. C'est dommage, moi qui étais si plein d'enthousiasme et d'urine. J'ai mangé au Restau U, et là j'ai été épaté de revoir tout ces anciens camarades. En fait, le Resto U, c'est un peu comme Facebook, et facebook, c'est connu, c'est un peu comme quand on est mort : on revoit tout le monde. Sauf qu'au RU, on n'est pas obligé de leur parler.
Avant hier, je suis resté plus longtemps à la bibliothèque, mais parce qu'il y avait moyen de travailler. J'étais à la même table que la colocataire de L. Je peux maintenant estimer avoir vu toutes les femmes de la vie de L., et je ne bouille plus d'impatience que de le croiser au bras de sa nana.

Puis hier, j'ai fait ma vaisselle. Tralala, je sais pas finir

11.11.2007

Spoiler

32da8cd0afa19b45f7f027d45809a57e.jpgEt avec cette muflerie intermittente qui reparaissait chez lui dès qu’il n’était plus malheureux et que baissait du même coup le niveau de sa moralité, il s’écria en lui-même: "Dire que j’ai gâché des années de ma vie, que j’ai voulu mourir, que j’ai eu mon plus grand amour, pour une femme qui ne me plaisait pas, qui n’était pas mon genre!"

Proust - Quelque part dans la Recherche, osef.

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