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09.07.2008
Stylistiquement, je suis une merde
Et mon coming-out stylistique n'est pas pour demain.
Quand je n'étais pas encore en prépa, j'écrivais rigolo, ne serait-ce que les thèmes, et sans la prétention que j'affiche aujourd'hui jusque dans la multiplication des virgules, odieuse multiplication au demeurant puisqu'elle me contraint parfois à me retrouver face à des phrases qui, perdues dans leur vacuité, s'étendent, malgré elles et malgré moi, à de telles distances, et de leur intérêt et de leur sens, que souvent je me retrouve à l'extrémité de mon propos sans m'en rappeler le début. Quant à savoir ce que je voulais dire, c'est peine perdue.
Maintenant que me voilà (encore pour un moment) jeune et (seigneur quelle plaie) oisif pour cet été, outre mon appétit sexuel inconsolable, se réveillent avec lui des ambitions littéraires démesurées. Je me dis que romancer un peu la vie du général Boulanger serait une idée qui dépote, qu'on peut faire du Huysmans à peu de frais si on se met dans l'état d'esprit, et surtout que, pour autant que mes lectures s'étendent, il reste chez Homère des tas de sujets potentiels de tragédies. Non, pas de drame satyrique, on ne ferait pas un réel bon accueil à un jeune dramaturge qui place des phallus (phalli ?) en érection sur chacun des comédiens du choeur - je veux dire par là que ce serait tout juste assez dévergondé pour que l'on en parle dans Télérama et peut-être Technikart, mais pas assez pour Trax et beaucoup trop pour le reste, ou alors il fallait verser sans vergogne dans les éclats de foutre estampillés art contemp'.
Parce que, non, je dis ça, mais, au lieu de céder à tous ses projets qui bouillonnent mollement dans la mélasse encéphalique (un seul L) qui me sert de tête, je perds du temps -le temps, le temps, qu'est-c'que le temps?- à vous tout raconter sur pouletfamily (quand on me rappelle que, oui, moi aussi j'ai un blog. Au fait, comment va Pénélope Jolicoeur?) ou à choisir la meilleure photo-avec-chat pour orner mon profil facebook.
La vie est mal faite et mon talent s'étiole dans la pourriture contemporaine (genre "c'est pas ma faute, c'est les autres, moi j'ai rien fait que venir trop vieux dans un monde trop tard", oui, je suis aigri, mais zut j'ai mal dormi), j'en veux pour preuve que cette nuit je rêvais que je dirigeais une brillante conférence sur le lien (peu connu mais pourtant essentiel) qui unit Fragonard à Racine -pour appuyer mes propos je diffusais des copie de lettres de change de Racine qui apportaient un tout nouvel éclairage stupéfiant sur l'auteur. Lorsqu'après mes deux heures et quelques de conférence, passées sans le moindre bruit parasite (même pas une toux retenue dans le public, un honneur) et que l'on allume la salle pour que je puisse recevoir les longs applaudissements qui me sont dus, j'aperçois (un seul p) que l'assistance est entièrement composée de Coréens qui ne comprennent pas un mot de français mais qui, comme ils sont très gentils et très polis, écoutaient sans broncher mon galimatias sur la provenance de la collection des lettres de change raciniennes, et continuent de sourire d'un air désolé.
[Lalala, il me faut une phrase de conclusion. Tant pis, je repasserai ici dans la journée si ça me vient, je n'ai de toute façon pas mieux à faire.]
12:00 Publié dans Les plus désespérés sont les chants les plumeaux | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : prétentions, couroi et corée, euripide
01.07.2008
Quelques minutes après, un rat gros comme un chaton a trébuché sur ma chaussure.
12:53 Publié dans Catinades | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : seine, ébriété tempérée, complots des rats du métro
Poète, prends ta lyre et me donne un baiser
La nuit dernière, ne me demandez pas laquelle, bande de catins tatillonnes, je me levai subitement de mon lit pour saisir un bout de papier et un crayon volé chez ikéa, afin de conserver une idée qui, sur le coup, à ces heures, me paraissait relever du génie pur et mériter de s'y attarder au réveil.
Relisant au petit matin ma production nocturne, j'arrive à déchiffrer, entre les gribouillis que j'étais parvenu à rédiger, en trois lignes, une fusion épatante entre The Diary of Dead et Seuls Two, les deux films que j'avais vus dans la journée (oui, bon, hein, j'ai une carte), à savoir qu'une équipe de super-héros pourchassait des zombies en gesticulant comme moulins dans les rues de Paris.
N'empêche que si l'on ajoute à ça une explosion et de l'archéologie facile, ça fera un tabac.
12:27 Publié dans moi aussi j'ai une carte MK2 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


