02.09.2008
L'éraste quitte le navire
Considérant qu'un seul outil social virtuel est bien suffisant, je me suis, profitant d'une absence de sommeil, attaché à faire disparaître mon profil myspace. Tout bénéf' pour les quelques lecteurs de ce blog qui s'amuseront, si l'envie les prend ou bien s'ils manquent eux aussi de sommeil, à lire les quatre bafouilles que j'avais composées pour ces pages désormais disparues et que je me suis appliqué à copier ici et post-dater. Les intéressés n'auront qu'à se promener entre septembre et décembre 2007 ; il y a trois ou quatres notes, très courtes.
De même, il est indécent d'avoir encore une trace sur ce site de rencontres pédées, backroom au nom rigolo, alors que je nage dans le bonheur conjugal (uhm uhm) depuis voilà bientôt 1 an, six mois et une quinzaine de jours. Comptez bien que, de même que j'ai transvasé ici tout le passif de myspace, quiconque est désireux de me courir le guilledou n'aura qu'à s'empresser de le faire savoir à la rédaction, qui transmettra ou pas, selon son bon vouloir.
Cordialement.
04:16 Publié dans Mes amis, mes amours, mes emmerdes, des connards | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Travelin' light
Oh, mince, les enfants, je vous avais presque oubliés. Heureusement que j'ai fait demi-tour pour vous venir repêcher sur le bord de la route, ha ha. Oublions ça, et laissez-moi vous abreuver en vrac de la soupe de ma vie quotidienne. Et ce sera d'autant plus long et soupeux que, effectivement, cela fait un bail.
La dernière fois que je vous donnais de mes nouvelles, j'étais chez ma mère, au royaume des chats. Où je suis encore, mais sans les chats qui sont partis courir le guilledou il y a de cela plus d'une heure. Entre temps, j'ai connu la Sicile, Venise (again) et le Danemark de Copenhague (pour une sweet escapade en couple, qui l'eût cru).
Niveau relations humaines, j'ai mangé des pâtes et bronzé avec des normaliens débutants qui m'ont sappé le moral en parlant de leur huge salaire, que je ne toucherai jamais puisque je suis juste étudiant en art. J'ai d'ailleurs à ce propos encore dû expliquer à mère et soeur l'intérêt de telles études. C'est que deux choses les préoccupent. D'abord savoir quoi répondre quand leurs relations sociales leur demandent ce que je deviens, ce que je fais comme études, et vers quoi cela me mènera. Du coup, j'ai donné la description la plus courte possible des activités que je vais reprendre dès septembre et du métier vers lequel, censément, les meilleurs peuvent aspirer parvenir. Et la voilà qui répète en détachant chaque syllabe "Seconde année d'histoire de l'art et tu vas devenir conservateur mais pas dans une bibliothèque mais de tableaux, c'est ça". La seconde chose, c'est le pouvoir d'achat, le 'prix de la rentrée' et le 'coût de la vie étudiante', comme le dit si bien Jean-Pierre Pernault. C'est vrai, ça, s'étonne ma mère, ne devais-je pas être rémunéré dès l'année dernière ? Je lui réexplique encore une fois que Normule Sap, c'est raté, je ne suis pas parmi les 75 petits veinards payés pour la pignolade, que j'encule désormais des mouches artistiques et que j'ai, pratiquement parlant, 'perdu' deux années. Toujours mues par l'inquiétude de la baisse du pouvoir d'achat, ma soeur a finement joué pour que ma mère parvienne à évoquer l'idée de me couper les vivres, tant que je ne ferai rien de sérieux - je veux dire, de sérieusement payé ; avec de l'argent, pas de l'épanouissement intellectuel qui ne paye pas les cartons de nouilles chinoises. In petto, j'établissais déjà un budget serré, à savoir chargé de ce que que jusque là ma rentière de mère mettait au compte de ses gracieusetés - un peu de sérieux, la loi exige qu'elle subvienne à mes besoins tant que je poursuis mes études. Oui, je pourrais avoir un job d'appoint, je me penche sur la question, ce qui revient à me demander à quoi suis-je bon.
J'ai oublié le point principal de cet exposé, à supposer qu'il y en eût jamais un.
Continuant dans les relations humaines, j'ai eu la chancequedisjelhonneur de rencontrer Art_hur, de Art_hur, v'savez. Nous avons beaucoup bu, soit en un endroit peu plaisant soit du mauvais cocktail, j'ai fumé outre mesure pour m'occuper les doigts et m'empêcher de redresser une de ses mèches de cheveux. Ivre, je ne lui ai rien caché de ma vie sentimentale et surtout sexuelle. Et pourtant il n'y point de baise. 'Ce qui laisse mon score de fuck-blogger à… bah… euh 1' - deux si on extrapole. Trois, mais c'était un hasard.
Autre chose que j'estime de mon devoir de vous faire partager, c'est ma déception profonde, mieux, ma colère, en constatant qu'un immonde escrivaillon lacanien a éhontément pris d'assaut le sujet mythologique grâce auquel je prétendais -et prétends toujours, merde- faire éclater à la face du monde la force à la fois de mon talent et du drame bourgeois. Pire, cet infâme a le cran d'aller exhiber ses extrapolations freudiennes jusque sur la scène de la Comédie Française. On ne parle jamais d'Ovide, et voilà que les trois pages qui m'avaient intéressé sont portées sur scène par quelqu'un de possiblement plus doué que moi ; permettez de dire que cela me met dans une colère noire et que je suis à deux doigts d'envisager la carrière de Sainte-Beuve ; écrivain raté, je deviendrais la langue de pute de la critique littéraire de nos contemporains. (Oh, et ce sera sans difficulté - vous avez lu du Florian Zeller ?).
Je crois que dans mon chemin discursif je viens de retomber sur le point principal de cet exposé, à savoir qu'il est vite temps que ce soit la rentrée, du moins que la Bibliothèque Sainte-Ginette rouvre ses portes avant que, telle une méduse liparote échouée sur la plage de cailloux, je ne me dessèche cruellement et perde tout ce qui, dans mon être déjà bien peu reluisant, faisait mon piquant et mes couleurs.
Cet article est trop long, et je m'excuse auprès de M. Zeller ; je ne l'ai pas lu non plus.
01:10 Publié dans des études qui ne servent pas | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : complainte de bourge, acculturation, carottes crues
09.07.2008
Stylistiquement, je suis une merde
Et mon coming-out stylistique n'est pas pour demain.
Quand je n'étais pas encore en prépa, j'écrivais rigolo, ne serait-ce que les thèmes, et sans la prétention que j'affiche aujourd'hui jusque dans la multiplication des virgules, odieuse multiplication au demeurant puisqu'elle me contraint parfois à me retrouver face à des phrases qui, perdues dans leur vacuité, s'étendent, malgré elles et malgré moi, à de telles distances, et de leur intérêt et de leur sens, que souvent je me retrouve à l'extrémité de mon propos sans m'en rappeler le début. Quant à savoir ce que je voulais dire, c'est peine perdue.
Maintenant que me voilà (encore pour un moment) jeune et (seigneur quelle plaie) oisif pour cet été, outre mon appétit sexuel inconsolable, se réveillent avec lui des ambitions littéraires démesurées. Je me dis que romancer un peu la vie du général Boulanger serait une idée qui dépote, qu'on peut faire du Huysmans à peu de frais si on se met dans l'état d'esprit, et surtout que, pour autant que mes lectures s'étendent, il reste chez Homère des tas de sujets potentiels de tragédies. Non, pas de drame satyrique, on ne ferait pas un réel bon accueil à un jeune dramaturge qui place des phallus (phalli ?) en érection sur chacun des comédiens du choeur - je veux dire par là que ce serait tout juste assez dévergondé pour que l'on en parle dans Télérama et peut-être Technikart, mais pas assez pour Trax et beaucoup trop pour le reste, ou alors il fallait verser sans vergogne dans les éclats de foutre estampillés art contemp'.
Parce que, non, je dis ça, mais, au lieu de céder à tous ses projets qui bouillonnent mollement dans la mélasse encéphalique (un seul L) qui me sert de tête, je perds du temps -le temps, le temps, qu'est-c'que le temps?- à vous tout raconter sur pouletfamily (quand on me rappelle que, oui, moi aussi j'ai un blog. Au fait, comment va Pénélope Jolicoeur?) ou à choisir la meilleure photo-avec-chat pour orner mon profil facebook.
La vie est mal faite et mon talent s'étiole dans la pourriture contemporaine (genre "c'est pas ma faute, c'est les autres, moi j'ai rien fait que venir trop vieux dans un monde trop tard", oui, je suis aigri, mais zut j'ai mal dormi), j'en veux pour preuve que cette nuit je rêvais que je dirigeais une brillante conférence sur le lien (peu connu mais pourtant essentiel) qui unit Fragonard à Racine -pour appuyer mes propos je diffusais des copie de lettres de change de Racine qui apportaient un tout nouvel éclairage stupéfiant sur l'auteur. Lorsqu'après mes deux heures et quelques de conférence, passées sans le moindre bruit parasite (même pas une toux retenue dans le public, un honneur) et que l'on allume la salle pour que je puisse recevoir les longs applaudissements qui me sont dus, j'aperçois (un seul p) que l'assistance est entièrement composée de Coréens qui ne comprennent pas un mot de français mais qui, comme ils sont très gentils et très polis, écoutaient sans broncher mon galimatias sur la provenance de la collection des lettres de change raciniennes, et continuent de sourire d'un air désolé.
[Lalala, il me faut une phrase de conclusion. Tant pis, je repasserai ici dans la journée si ça me vient, je n'ai de toute façon pas mieux à faire.]
12:00 Publié dans Les plus désespérés sont les chants les plumeaux | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : prétentions, couroi et corée, euripide


