26.04.2007
Notre histoire c'est une vieille chanson dont j'ai oublié les paroles
22:25 Publié dans Tout le monde s'en tape | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
24.04.2007
Mais le coeur de Paris a ceci de particulier, c'est que chacun le place où il l'entend.
S'il me fallait donner quelques conseils à un homme nouvellement élu Parisien, je lui dirais ceci : "Tu es élu? Parfait. Maintenant, attention - pas de gaffes! Le jour où tu as été élu, quel chapeau avais-tu? Celui-là? Bien. Mets-le. Il est vieux, dis-tu? Ca ne fait rien. Mets-le. Tu avais cette cravate ridicule? Tant pis, garde-la. Il ne faut plus jamais que tu en changes. Ceci est presque plus important que tout. Fais-toi refaire ce chapeau, fais-toi refaire cette cravate, prends modèle sur toi-même - et prends modèle aussi sur ceux qui en sont depuis trente ans. Que ta silhouette soit toujours la même, car il faut qu'on puisse te reconnaître de loin. Ta tête se fera petit à petit - c'est l'affaire d'un an ou deux. Quand elle sera faite, on la fera. C'est-à-dire qu'on fera sa caricature. Il faudra t'y conformer. C'est essentiel. Si l'on te fait un peu voûté, reste voûté. Ne grossis pas. Ne maigris pas. N'embête pas les dessinateurs! Ils ne te feraient plus. Mais la mode, dis-tu? Là, je te mets tout de suite en garde. Lance-la si tu peux, mais ne la suis jmais. Tu ne dois pas être à la mode. Le vrai Parisien, c'est celui qui est en retard de quinze ans sur elle - ou en avance de quinze jours. Tu aurais l'air d'un provincial si tu suivais la mode. Voilà pour la façade. Le reste est moins facile. Au sujet de ta vie privée, on doit savoir de toi des choses assurément. mais il n'est pas mauvais qu'elles soient imprécises. il faut qu'on te croie marié si tu ne l'es pas - et divorcé si tu es marié. On ne doit connaître le nom de tes maîtresses que lorsque tu t'en es séparé. Il faut que tu aies l'air de cacher quelque chose, afin qu'une légende se crée autour de toi. Ainsi, sur ta fortune, il est bon que les avis soient partagés - et si tu peux laisser supposer que Napoléon III a été l'amant de ta grand-mère, ce sera excellent. Aux allusions qui t'y seront faites, tu souriras. D'ailleurs, en principe, n'avoue jamais rien - et tout ce qu'on dira de toi finira par être vrai - et tu finiras par le croire toi-même. Dans la conversation, sois optimiste, indulgent, paradoxal et cruel. Si tu as de l'esprit, sois féroce, impitoyable. Un "mot", c'est sacré. Tu dois le faire contre ta soeur, contre ta femme, s'il le faut - pourvu que ce mot soit drôle. On n'a pas le droit de garder pour soi un mot drôle. Il y a des mots mortels. Tant pis! Les mots qui sont mortels font vivre du moins ceux qui les font. Être de Paris, cela nourrit son homme - et tu en vivras. Je peux même t'assurer que tu en mourras, ton chapeau sur la tête et ta cravate au cou."
Sacha Guitry, Mémoires d'un tricheur, V-Paris
20:10 Publié dans Tous ces mots dans mes yeux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.04.2007
J'dis ça, j'dis rien
12:56 Publié dans Mes amis, mes amours, mes emmerdes, des connards | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


